SteadyNest

Guides · Septembre 2026

Ce qu'on fait le soir où l'enfant dit qu'il est harcelé

L'essentiel

Ce soir, vous écoutez votre enfant sans le juger et vous prenez ce qu'il dit au sérieux : c'est ce qu'e-Enfance demande en premier. Vous ne contactez pas l'enfant qui s'en prend à lui. Demain matin, vous contactez la direction de l'école ou du collège, qui vous invitera à présenter la situation. Et à tout moment, le 3018 répond, gratuitement et anonymement, de 9 h à 23 h, sept jours sur sept.

Sous chaque conseil de cette page : l'organisme qui le publie et le lien pour aller le lire. Pages lues le 24 septembre 2026.

Ce soir : les mots à dire, selon l'âge

Les phrases qui suivent sont des exemples de formulation, pas des résultats d'étude. Elles appliquent trois conseils publics, cités sous chaque bloc. Écouter sans juger et prendre au sérieux. Ne pas aller voir l'auteur des faits. Dire à l'enfant à qui parler à l'école. Gardez celles qui sonnent comme vous.

En maternelle

Ce soir, le récit complet peut attendre. Ce qui compte : qu'il sache qu'il a bien fait de parler, et à qui le redire demain.

  • « Tu as bien fait de me le dire. »
  • « Je te crois. »
  • « Ce n'est pas de ta faute. »
  • « Demain, je vais aller voir ta maîtresse et le directeur. On va s'en occuper avec eux. »
  • « Si ça recommence, tu peux le dire à ta maîtresse, à la personne de la cantine ou à l'animateur. »

D'où ça vient : « Écoutez votre enfant sans le juger et prenez ses confidences au sérieux » (e-Enfance). Adultes que l'enfant peut alerter : « le directeur, un professeur, la personne qui surveille la cantine, l'animateur des activités le midi ou après la classe » (Service-public, école primaire).

En élémentaire

  • « Raconte-moi ce qui s'est passé. Je t'écoute, prends le temps qu'il faut. »
  • « Je te crois. Ce n'est pas à toi de régler ça tout seul. »
  • « Ce n'est pas de ta faute. »
  • « Demain matin, je demande à voir le directeur. Je te dirai ce qui a été décidé. »
  • « Je n'irai pas voir cet enfant. C'est l'école qui s'en occupe, avec nous. »
  • « À l'école, tu peux le dire à ton enseignant, à la personne de la cantine, à l'animateur. »

D'où ça vient : les mêmes, plus l'avertissement « Ne tentez pas de gérer vous-même le problème en contactant l'auteur des faits » (Service-public, école primaire).

À l'entrée au collège

Ici, les faits peuvent passer par les messages, et l'enfant peut préférer parler à quelqu'un d'autre. Deux choses de plus : garder les preuves intactes, donner le 3018.

  • « Montre-moi, si tu veux bien. On garde tout, les messages et les captures. On n'efface rien et on ne modifie rien. »
  • « Je te crois. Ce n'est pas toi le problème : le harcèlement, la loi l'interdit. »
  • « Demain, je contacte le collège. Il y a un coordonnateur harcèlement, chargé du programme pHARe. »
  • « Je n'irai pas voir ceux qui font ça. Ce n'est pas comme ça que ça s'arrête. »
  • « Si tu préfères en parler à quelqu'un d'autre que moi, le 3018 répond ce soir jusqu'à 23 h. C'est gratuit et anonyme. »

D'où ça vient : « Conserve les preuves : messages, captures d'écran, photos ou vidéos, et ne les retouche pas » ; loi n° 2022-299 du 2 mars 2022, le harcèlement scolaire est un délit (e-Enfance). Au collège, un coordonnateur harcèlement met en œuvre le programme pHARe ; le 3018, gratuit et anonyme jusqu'à 23 h (Service-public, collège et lycée).

Demain matin : qui contacter, quoi apporter

À l'école primaire, vous contactez la direction de l'école ; au collège, la direction de l'établissement. Service-public l'écrit avec un « vous devez », et vous serez invité à présenter la situation vécue par votre enfant.

Ce qui aide à présenter la situation :

  • ce que votre enfant a dit, avec ses mots, et depuis quand ça se répète ;
  • où et quand ça se passe : la classe, la cour, la cantine, le trajet, en ligne ;
  • les messages, captures, photos ou vidéos, conservés tels quels.

Ensuite, à l'école primaire : le directeur réunit l'équipe enseignante, reçoit votre enfant en entretien et prend des mesures de protection immédiates. Un adulte référent, par exemple son enseignant ; la vigilance de tous les personnels ; la mobilisation de camarades proches. Vous êtes informé de ces mesures, associé au traitement et informé de vos droits. Le directeur s'informe chaque jour de l'état de votre enfant et informe régulièrement la famille. Au collège, le chef d'établissement doit ouvrir une procédure disciplinaire contre l'auteur.

Sources : Service-public, école primaire ; collège et lycée. La liste de ce qui aide est la nôtre.

Ce qu'on ne fait pas

  • Contacter l'auteur des faits. Service-public le déconseille sur ses deux fiches.
  • Régler ça soi-même, ou par la force. e-Enfance décrit des parents tentés d'aller voir les élèves auteurs pour les « menacer », et demande de ne pas résoudre soi-même la situation ni d'utiliser la violence, « cela pourrait l'aggraver ».
  • Trier, retoucher ou effacer les messages et les captures. On les garde tels quels.
  • Attendre que ça passe. Contacter la direction est un « vous devez » chez Service-public.

Sources : Service-public, école primaire et collège et lycée ; e-Enfance.

Les signes qui doivent faire appeler le 3018

e-Enfance liste cinq signes d'alerte : l'isolement, le refus d'aller à l'école, les troubles du sommeil, une variation d'appétit, une baisse des résultats scolaires. Ensemble, ou dans la durée, ils demandent d'en parler.

Le 3018 est le numéro national pour les victimes de harcèlement. Appel gratuit et anonyme, sept jours sur sept, de 9 h à 23 h ; une application porte le même nom. Au bout du fil, e-Enfance : des psychologues, des juristes et des travailleurs sociaux. Sur les réseaux sociaux, e-Enfance est « signaleur de confiance » : elle peut faire supprimer rapidement des comptes et des contenus préjudiciables.

Appelez sans attendre le rendez-vous de demain si vous reconnaissez un de ces signes.

Sources : signes, professionnels, signaleur de confiance : e-Enfance ; horaires, gratuité, anonymat, application : Service-public, école primaire. Le lien entre ces signes et l'appel est notre lecture.

Questions

Mon enfant dit qu'on l'embête : est-ce déjà du harcèlement ?

La définition publique : un élève qui « subit, de manière répétée, des violences verbales, morales ou physiques de la part d'un ou plusieurs autres élèves ». Vous n'avez pas à trancher ce soir. Vous écoutez, vous prenez au sérieux, et demain la direction examine la situation avec l'équipe. (Service-public, école primaire)

Dois-je aller voir les parents de l'autre enfant ?

Ce n'est écrit sur aucune des deux fiches : elles disent seulement de ne pas gérer soi-même le problème « en contactant l'auteur des faits », et e-Enfance décrit des parents tentés d'aller « menacer » les élèves auteurs, en demandant de ne pas résoudre soi-même la situation. Notre lecture : contacter ses parents, c'est encore gérer soi-même ; les fiches confient la situation à la direction, qui vous associe au traitement. (Service-public ; e-Enfance)

Le 3018, c'est pour mon enfant ou pour moi ?

Les deux. Sur la fiche Service-public, la section « Victime » dit « Vous pouvez également contacter le 3018 », et la même fiche l'indique aux parents. L'appel est gratuit et anonyme. (Service-public ; e-Enfance)

Peut-on porter plainte, et jusqu'à quand ?

Oui. La victime peut porter plainte, accompagnée de son représentant légal, au commissariat, à la gendarmerie ou par courrier au procureur de la République. L'avocat n'est pas obligatoire ; le délai est de six ans après les faits. Depuis la loi du 2 mars 2022, le harcèlement scolaire est un délit. (Service-public, collège et lycée ; e-Enfance)

Ces conseils sont d'ordre général ; ils ne remplacent ni l'échange avec l'école ni l'avis d'un professionnel.

SteadyNest n'a pas de fiche sur le harcèlement : ses fiches, par tranche d'âge (1-3, 3-6, 6-11 ans), portent sur les soirs ordinaires où ça déborde à la maison, chacune avec l'organisme public d'où elle vient. Vous pouvez laisser une adresse pour être prévenu à l'ouverture.

Pour aller plus loin